Riquet à la houppe - Amélie Nothomb

Riquet à la houppe - Amélie Nothomb

Figure incontournable de la rentrée littéraire, Amélie Nothomb publie cette année un roman surprenant puisqu'il s'agit de la réécriture d'un conte de Charles Perrault : Riquet à la houppe.
Reprenons nos classique… hum hum. J'imagine que tout comme moi, vous connaissez parfaitement ce célèbre conte de ce très grand auteur ! Non? J'avoue, je ne m'en souvenez pas non plus…

Petit aide-mémoire, le conte de Perrault en quelques mots :
"Il était une fois, une reine qui eut un enfant très laid. Mais une fée qui se trouvait à sa naissance dit à la reine que, bien que son fils soit laid, il aurait beaucoup d'esprit et pourrait en faire part à sa bien aimée. La reine d'un royaume voisin eut deux petites filles. La première était très jolie, mais la fée dit à la reine qu'elle aurait peu d'esprit. La deuxième était très laide, mais elle aurait tant d'esprit que personne ne s'apercevrait de sa laideur. Elle pouvait transmettre sa beauté à celui qu'elle épouserait. Au fur et à mesure qu'elles grandissaient, on ne s'intéressait qu'à la princesse douée d'esprit et personne ou presque ne remarquait la belle princesse. Un jour où la belle princesse se retira dans un bois pour pleurer, elle vit un homme très laid. C'était Riquet à la houppe, qui la consola et la demanda en mariage pour pouvoir lui donner de l'esprit en plus de sa beauté. La princesse avait si peu d'esprit qu'elle accepta de l'épouser dans un an jour pour jour et Riquet lui transmit son esprit comme la fée lui en avait donné le pouvoir."

Pour son roman, Amélie Nothomb se réapproprie le thème beauté/laideur, intelligence/sottise, à travers deux personnages : Déodat et Trémière. Ca ne s'invente pas… ou si, quand on a l'imagination aussi burlesque que cette auteur.
Le récit commence par la naissance de Déodat. Voici la première phrase du roman :
"Enceinte à quarante-huit ans pour la première fois, Enide attendait l'accouchement comme d'autres la roulette russe." D'emblée, un suspens entoure cette naissance atypique, et pour cause, Déodat venu au monde : « On eût dit un nouveau-né vieillard: fripé de partout, les yeux à peine ouverts, la bouche rentrée- il était repoussant ». Sa mère a beaucoup de mal à s'attacher à lui jusqu'au moment où, l'enfant grandissant, elle remarque qu'il est doué d'une intelligence hors du commun.
Parallèlement au récit de la vie de Déodat, nous allons suivre l'histoire de sa totale opposée, la protagoniste féminine, toutefois non moins atypique.
"Sur l'autre rive de la Seine, un jeune couple nouvellement établi non loin de la gare d'Austerliz mit au monde une petite fille. Le père s'appelait Lierre, la mère s'appelait Rose. Ils nommèrent le bébé Trémière."
La petite fille s'avère être magnifique, mais autant Déodat va très vite faire preuve d'une grande intelligence, autant Trémière fera preuve d'un grand vide.
Ces deux personnages vont avoir un parcours similaire de part l'isolement qu'ils vont subir des autres, Déodat à être trop moche, Trémière à être trop belle.

Dans ce roman on rencontre :
*Des noms d'oiseaux. Un peu d'ornithologie et de très beaux passages sur les oiseaux et la liberté.
*Des mots truculents : "sardanapalesque", "sylve", "psittacidé", "morganatique", "scrofuleux", gemmail", "gibbosité", "pschent" et "avifaune".
*Des bijoux magiques. La grand-mère de Trémière lui révèlera son secret le plus cher, le pouvoir de l'amour sur les bijoux.

Un petit passage:
La peau ternie par les ans réfléchissait idéalement l'éclat des pierres et des métaux précieux. Rien de tel que la vieillesse pour poudrer le teint d'une femme et lui enlever cet excès qui nimbe les jeunes filles d'une aura naturelle: on ne devrait pas avoir le droit de porter de l'or et des diamants avant l'âge de soixante ans.
    En bref, un roman qui se lit comme du petit lait, le suspens de la rencontre des deux protagonistes est bien tenu. Beaucoup de fantaisie et de légèreté, un style simple accommodé d'un zeste de mots savants. Et, pour changer de l'ordinaire, dans ce roman nous ne trouvons point de pirouette finale, ce qui est très appréciable. Et pour finir, je souligne une phrase de fin magnifique, je vous laisse découvrir... 7/10


Auteur: Amélie Nothomb
Editions Albin Michel
Paru en août 2016
187 pages

1 commentaire(s):

Coralie Baron a dit…

Encore un livre d'Amélie Nothomb qui va se lire d'une traite... Suite à la lecture de ton billet je ne peux que filer le chercher à la bibliothèque :-)

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